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Témoin de harcèlement : que faire pour aider sans se mettre en danger ?

Être témoin de harcèlement peut être difficile et faire peur. Découvrez comment réagir, soutenir une victime, signaler une situation et agir sans prendre de risques inutiles.

Par Brise le SilencePublié le 4 min de lecture

Un élève observe un autre adolescent isolé dans un couloir d’école, avec plusieurs élèves en arrière-plan.

Témoin de harcèlement : que faire pour aider sans se mettre en danger ?

Voir quelqu’un être insulté, humilié, exclu ou agressé peut laisser un témoin avec beaucoup de questions.

Faut-il intervenir ? Faut-il prévenir un adulte ? Et si la situation se retourne contre soi ?

Il n’existe pas une seule manière de réagir. Mais une chose est importante : être témoin ne signifie pas devoir régler la situation seul.

Signaler ce que l’on voit, soutenir la personne concernée et éviter de participer au harcèlement sont déjà des façons d’agir.

Qu’est-ce qu’un témoin de harcèlement ?

Un témoin est une personne qui voit, entend ou constate une situation de harcèlement sans être directement la personne ciblée.

Cela peut arriver à l’école, dans les transports, dans un groupe d’amis ou en ligne.

Un témoin peut par exemple voir :

  • des insultes répétées envers un élève ;
  • une personne régulièrement mise à l’écart ;
  • des moqueries répétées ;
  • des menaces ;
  • des violences physiques ;
  • des rumeurs diffusées dans un groupe ;
  • une photo ou une vidéo humiliante partagée sur les réseaux sociaux ;
  • des messages ou commentaires visant régulièrement une même personne.

Parfois, le témoin est présent directement. Dans d’autres situations, il découvre les faits sur Internet ou dans une conversation.

Pourquoi est-il parfois difficile d’agir ?

Être témoin ne signifie pas forcément savoir immédiatement quoi faire.

On peut avoir peur :

  • de devenir soi-même une cible ;
  • de perdre ses amis ;
  • d’être accusé de « rapporter » ;
  • que la situation empire ;
  • de ne pas être cru ;
  • de faire une erreur en intervenant.

Ces inquiétudes sont compréhensibles.

Tu n’as pas besoin de te mettre en danger pour aider quelqu’un.

Si tu ne te sens pas capable d’intervenir directement, tu peux demander de l’aide à un adulte de confiance.

La première chose à faire : ne pas participer

Même sans être à l’origine du harcèlement, un témoin peut parfois contribuer à l'aggraver sans s'en rendre compte.

Rire, partager une vidéo, commenter une publication ou transmettre une rumeur peut donner davantage de visibilité aux attaques.

Si tu es témoin, tu peux donc commencer par :

  • ne pas rire des humiliations ;
  • ne pas encourager les personnes qui harcèlent ;
  • ne pas partager les contenus ;
  • ne pas transmettre les rumeurs ;
  • ne pas ajouter de commentaires humiliants.

Ne pas participer, c’est déjà agir.

Prévenir un adulte de confiance

Lorsque tu es témoin d’une situation de harcèlement, il est important d’en parler à une personne capable d’aider.

Cela peut être :

  • un parent ;
  • un professeur ;
  • un surveillant ;
  • un membre de l’équipe éducative ;
  • l’infirmier ou l’infirmière scolaire ;
  • un autre adulte en qui tu as confiance.

Tu peux expliquer simplement ce que tu as vu ou entendu.

Essaie, lorsque c’est possible, de donner des informations précises : ce qui s’est passé, où, quand, qui était présent et si les faits se répètent.

Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les preuves pour signaler une situation.

Et si les faits se passent sur Internet ?

Le cyberharcèlement peut être plus difficile à repérer parce qu’il se déroule derrière un écran.

Si tu vois une publication, une vidéo, un message ou des commentaires qui participent au harcèlement d’une personne :

  • ne partage pas le contenu ;
  • ne commente pas pour encourager les attaques ;
  • utilise les fonctions de signalement de la plateforme ;
  • parle de la situation à un adulte de confiance ;
  • soutiens la personne concernée.

Si tu as besoin d'aide, le 3018 peut également être contacté pour une situation de harcèlement ou de cyberharcèlement. Le service est gratuit, anonyme et confidentiel, et est disponible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h.

Comment soutenir la victime ?

Une personne victime de harcèlement peut avoir peur de parler.

Elle peut également penser que personne ne la croira ou qu’elle risque d’aggraver la situation en demandant de l’aide.

Tu peux lui montrer qu’elle n’est pas seule.

Tu peux par exemple lui dire :

« Je vois ce qui se passe. »

« Je suis là si tu veux en parler. »

« On peut demander de l’aide ensemble. »

Tu n’as pas besoin de trouver les mots parfaits.

Écouter, rester présent et encourager la personne à parler à un adulte peuvent déjà être importants.

Faut-il confronter directement les personnes qui harcèlent ?

Pas forcément.

Une confrontation directe peut parfois aggraver la situation ou te mettre toi-même en difficulté.

Si tu ne te sens pas en sécurité, ne prends pas de risque pour intervenir.

Le plus important est de transmettre l’information à un adulte ou à une personne capable d’agir.

Les établissements scolaires disposent de procédures pour prendre en charge les situations signalées, et un élève témoin peut être à l’origine du signalement.

Et si personne ne fait rien ?

Si tu as signalé une situation et que tu as l’impression qu’elle n’est pas prise en compte, ne garde pas cela pour toi.

Parle-en à un autre adulte de confiance.

Tu peux également contacter le 3018, qui accompagne les élèves, les parents et les professionnels concernant le harcèlement et le cyberharcèlement.

Demander de l’aide plusieurs fois ne signifie pas exagérer.

Lorsqu’une personne continue de souffrir, il est important de continuer à chercher de l’aide.

Être témoin, c’est aussi pouvoir faire la différence

On peut parfois avoir l’impression qu’une seule personne ne peut rien changer.

Pourtant, un témoin peut contribuer à rompre l’isolement d’une victime.

Ne pas rire.

Ne pas partager.

Écouter.

Signaler.

Prévenir un adulte.

Rester présent.

Ces gestes peuvent sembler simples, mais ils peuvent aider à empêcher une situation de continuer dans le silence.

À retenir

Si tu es témoin de harcèlement :

Tu n’as pas à régler la situation seul.

Tu n’as pas à te mettre en danger pour aider.

Ne participe pas aux humiliations et ne partage pas les contenus.

Parle à un adulte de confiance.

Soutiens la personne victime sans la juger.

Et si tu ne sais pas quoi faire, demande simplement de l’aide.

Briser le silence peut être le premier pas vers l’aide.

Sources

  1. Ministère de l’Éducation nationale — Qu’est-ce que le harcèlement ?
  2. education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361
  3. Ministère de l’Éducation nationale — Je suis victime de harcèlement
  4. education.gouv.fr/non-au-harcelement/je-suis-victime-de-harcelement-468671
  5. Ministère de l’Éducation nationale — Politique de lutte contre le harcèlement à l’École
  6. education.gouv.fr/non-au-harcelement/politique-de-lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-289530
  7. Ministère de l’Éducation nationale — pHARe
  8. education.gouv.fr/non-au-harcelement/phare-un-dispositif-de-lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-323435
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