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Mon enfant est victime de harcèlement : comment réagir ?

Votre enfant semble changer de comportement ou vous parle de harcèlement ? Découvrez les signes qui peuvent alerter, comment l’écouter et les démarches à suivre pour l’accompagner sans minimiser ce qu’il vit.

Par Brise le SilencePublié le 5 min de lecture

Un parent écoute attentivement un adolescent assis à ses côtés dans un salon.

Mon enfant est victime de harcèlement : comment réagir ?

Découvrir que son enfant est victime de harcèlement peut être difficile pour un parent ou un proche. On peut ressentir de la colère, de l’inquiétude, de l’impuissance ou ne pas savoir quelle réaction adopter.

La première chose à retenir est simple : votre enfant a besoin de savoir qu’il n’est pas seul et qu’il peut compter sur vous.

Le rôle d’un parent n’est pas de résoudre immédiatement toute la situation. Il consiste d’abord à écouter, rassurer, protéger et chercher de l’aide.

Quels signes peuvent alerter ?

Tous les enfants ne réagissent pas de la même manière face au harcèlement. Certains vont parler directement de ce qu’ils vivent. D’autres peuvent ne rien dire et laisser apparaître des changements dans leur comportement.

Certains signes peuvent attirer l’attention :

  • une baisse inhabituelle des résultats scolaires ;
  • des absences ou une réticence à aller à l’école ;
  • un isolement ou un repli sur soi ;
  • des changements importants d’humeur ;
  • une anxiété inhabituelle ;
  • des troubles du sommeil ;
  • des plaintes physiques répétées, comme des maux de ventre ou de tête ;
  • des affaires régulièrement perdues, détériorées ou volées ;
  • un changement important dans l’utilisation du téléphone ou des réseaux sociaux.

Ces signes ne signifient pas automatiquement que votre enfant est victime de harcèlement.

Ils peuvent cependant être l’occasion de lui demander comment il va et de lui montrer que vous êtes disponible pour l’écouter.

Si votre enfant vous parle de harcèlement

Si votre enfant décide de vous parler, prenez le temps de l’écouter.

Même si vous êtes surpris, en colère ou inquiet, essayez de rester calme.

Vous pouvez commencer par lui dire :

« Je te crois. »

« Tu as bien fait de m’en parler. »

« Ce qui t’arrive n’est pas de ta faute. »

L’objectif est de lui permettre de parler sans avoir peur d’être jugé ou de provoquer une réaction qui pourrait aggraver la situation.

Posez des questions simples pour comprendre les faits, sans transformer la conversation en interrogatoire.

Vous pouvez chercher à savoir :

  • ce qui s’est passé ;
  • depuis quand la situation dure ;
  • où les faits se produisent ;
  • qui est impliqué ;
  • s’il y a des témoins ;
  • si la situation continue en ligne ;
  • si votre enfant possède des messages, photos ou autres éléments permettant de comprendre la situation.

Évitez de minimiser ce qu’il ressent

Certaines phrases peuvent sembler rassurantes mais risquent de donner à l’enfant l’impression que sa souffrance n’est pas prise au sérieux.

Évitez par exemple :

« Ignore-les et ça passera. »

« Ce ne sont que des histoires d’adolescents. »

« Il faut apprendre à se défendre. »

« Pourquoi tu ne leur réponds pas ? »

Le harcèlement n’est pas quelque chose qu’un enfant devrait simplement apprendre à supporter.

Votre enfant doit comprendre qu’il a le droit de demander de l’aide.

Ne cherchez pas à régler la situation vous-même

Face à la colère ou à l’inquiétude, il peut être tentant de contacter directement les élèves concernés ou leurs parents.

Pourtant, le Ministère de l’Éducation nationale déconseille aux parents de tenter de gérer seuls la situation ou de contacter directement les auteurs des faits, car cela peut aggraver la situation.

Il est préférable de passer par les adultes et les professionnels qui peuvent prendre en charge la situation.

Notez les faits

Lorsqu'une situation semble se répéter, il peut être utile de conserver une trace des différents événements.

Notez, lorsque vous le pouvez :

  • la date ;
  • l’heure ;
  • le lieu ;
  • les personnes présentes ;
  • ce qui s’est passé ;
  • la fréquence des faits ;
  • les conséquences observées chez votre enfant.

Si les faits se produisent en ligne, conservez également les preuves disponibles : captures d’écran, messages, publications ou liens.

Ces éléments peuvent aider à présenter la situation de manière précise à l’établissement.

Contactez l’établissement scolaire

Lorsque votre enfant est victime de harcèlement à l’école, il est important de prévenir l’établissement.

Vous pouvez prendre rendez-vous avec la direction de l’école, du collège ou du lycée afin d’expliquer précisément ce que votre enfant subit.

L’objectif est de permettre à l’établissement de mettre en place les mesures adaptées pour protéger l’élève et traiter la situation.

Dans le cadre du programme pHARe, les situations peuvent être signalées notamment au directeur d’école, au chef d’établissement, au coordonnateur harcèlement ou à l’équipe ressource pHARe.

Et si le harcèlement se déroule sur Internet ?

Le cyberharcèlement peut continuer en dehors de l’établissement et toucher l’enfant à travers son téléphone, ses réseaux sociaux ou d’autres plateformes.

Dans ce cas :

  • conservez les preuves ;
  • ne supprimez pas immédiatement les messages ou publications utiles ;
  • signalez les contenus concernés sur les plateformes ;
  • demandez conseil à une personne de confiance ;
  • informez l’établissement lorsque la situation est liée à la vie scolaire.

Le 3018 peut également accompagner les jeunes, les parents et les professionnels confrontés au harcèlement et aux violences numériques. Le service est gratuit, anonyme et confidentiel, et accessible 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h.

Et si mon enfant ne veut pas parler ?

Certains enfants peuvent avoir peur des conséquences s’ils parlent.

Ils peuvent craindre que la situation empire, que leurs parents interviennent directement ou que les autres élèves apprennent qu’ils ont parlé.

Dans ce cas, évitez de le forcer.

Montrez-lui simplement que vous êtes disponible.

Vous pouvez lui dire :

« Tu n’es pas obligé de tout me raconter maintenant. Mais je suis là quand tu seras prêt. »

Vous pouvez également lui proposer de parler à une autre personne de confiance : un professeur, un infirmier scolaire, un psychologue, un membre de sa famille ou un autre adulte avec lequel il se sent à l’aise.

L’essentiel est qu’il ne reste pas seul face à ce qu’il vit.

Et si mon enfant minimise la situation ?

Un enfant peut parfois dire que « ce n’est rien », alors que certains changements vous inquiètent.

Évitez de le forcer à reconnaître immédiatement qu’il est victime de harcèlement.

Continuez plutôt à maintenir un dialogue ouvert.

Observez les changements dans son comportement et faites-lui comprendre qu’il peut venir vous parler sans être jugé.

Si votre inquiétude persiste, vous pouvez également solliciter l’aide de l’établissement ou d’un professionnel capable de vous conseiller.

Comment accompagner son enfant dans la durée ?

La situation ne se règle pas toujours en une seule conversation.

Même lorsque des mesures ont été prises, votre enfant peut avoir besoin de temps pour retrouver un sentiment de sécurité.

Continuez à lui demander régulièrement comment il va, sans faire de chaque conversation un interrogatoire.

Encouragez les activités dans lesquelles il se sent bien et valorisez ce qu’il réussit.

Surtout, rappelez-lui que ce qu’il subit ne définit pas qui il est.

Vous n’avez pas à gérer cela seul

Être parent d’un enfant victime de harcèlement peut donner un sentiment d’impuissance.

Vous n’avez pourtant pas besoin de connaître toutes les réponses.

Vous pouvez commencer par :

écouter → rassurer → noter les faits → signaler → accompagner.

Le 3018 peut également vous informer et vous accompagner dans vos démarches liées au harcèlement et au cyberharcèlement.

En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence appropriés.

À retenir

Si votre enfant est victime de harcèlement :

Écoutez-le.

Croyez-le.

Rassurez-le.

Ne minimisez pas ce qu’il ressent.

Conservez les preuves.

Contactez l’établissement scolaire.

Ne cherchez pas à régler seul la situation avec les auteurs des faits.

Et surtout, rappelez régulièrement à votre enfant :

« Tu n’es pas seul. On va chercher de l’aide ensemble. »

Briser le silence peut être le premier pas vers l’aide.

Sources

  1. Ministère de l’Éducation nationale — Mon enfant est victime de harcèlement
  2. education.gouv.fr/non-au-harcelement/mon-enfant-est-victime-de-harcelement-323014
  3. Ministère de l’Éducation nationale — Qu’est-ce que le harcèlement ?
  4. education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361
  5. Ministère de l’Éducation nationale — pHARe : un dispositif de lutte contre le harcèlement à l’école
  6. education.gouv.fr/non-au-harcelement/phare-un-dispositif-de-lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-323435
  7. Service-Public.fr — Cyberharcèlement
  8. service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32239
  9. Ministère de l’Éducation nationale — La protection de l’enfance
  10. education.gouv.fr/la-protection-de-l-enfance-5300
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