Cyberharcèlement : comprendre, reconnaître et agir
Le cyberharcèlement peut prendre différentes formes sur les réseaux sociaux, les messageries, les jeux en ligne ou d’autres plateformes. Découvrez comment le reconnaître, quoi faire si vous en êtes victime et comment aider une personne concernée.
Par Brise le SilencePublié le 5 min de lecture

Cyberharcèlement : comprendre, reconnaître et agir
Une grande partie de la vie sociale se déroule aujourd’hui en ligne. Les réseaux sociaux, les messageries, les jeux vidéo et les plateformes permettent d’échanger, de partager et de rester en contact.
Mais Internet peut aussi être utilisé pour insulter, menacer, humilier ou isoler une personne. Lorsque le harcèlement se poursuit ou se produit à travers des outils numériques, on parle de cyberharcèlement.
Le cyberharcèlement peut être particulièrement difficile à vivre parce qu’il peut continuer en dehors de l’école et atteindre une personne jusque dans son espace personnel.
Qu’est-ce que le cyberharcèlement ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement qui utilise les outils de communication numériques.
Il peut se produire sur :
- les réseaux sociaux ;
- les applications de messagerie ;
- les jeux en ligne ;
- les forums ;
- les plateformes de vidéos ;
- les espaces de commentaires ;
- les groupes de discussion.
Il peut prendre différentes formes :
- insultes ou moqueries répétées ;
- menaces ou intimidations ;
- diffusion de rumeurs ;
- publication de photos ou vidéos humiliantes ;
- création de faux comptes ;
- usurpation d’identité numérique ;
- exclusion volontaire d’un groupe en ligne ;
- diffusion de contenus privés sans autorisation ;
- commentaires répétés destinés à humilier une personne.
Le cyberharcèlement peut également être lié à une situation de harcèlement scolaire et se poursuivre en dehors de l’établissement.
Comment reconnaître une situation de cyberharcèlement ?
Il n’est pas toujours facile de savoir ce qu’une personne vit derrière son écran.
Certains changements peuvent cependant attirer l’attention :
- une personne devient soudainement plus isolée ;
- elle semble particulièrement inquiète lorsqu’elle reçoit une notification ;
- elle évite certaines applications ou son téléphone ;
- elle paraît triste, anxieuse ou irritable ;
- elle change brusquement ses habitudes en ligne ;
- elle semble avoir peur de ce qui pourrait être publié à son sujet ;
- elle ne souhaite plus participer à certaines activités ;
- elle rencontre des difficultés inhabituelles à l’école ou dans sa vie quotidienne.
Ces signes ne permettent pas à eux seuls de conclure à une situation de cyberharcèlement.
L’important est de rester attentif et de permettre à la personne de parler sans avoir peur d’être jugée.
Si tu es victime de cyberharcèlement
Si tu subis des insultes, des menaces, des humiliations ou d’autres comportements répétés en ligne, tu n’as pas à gérer cette situation seul.
Parle-en à une personne de confiance : un parent, un membre de ta famille, un professeur, un professionnel de ton établissement ou un autre adulte capable de t’aider.
Conserve les preuves
Lorsque cela est possible, garde les éléments qui permettent de montrer ce qui se passe :
- captures d’écran ;
- messages ;
- publications ;
- commentaires ;
- liens vers les contenus concernés ;
- informations sur les comptes concernés.
Ces éléments peuvent être utiles lorsque tu demandes de l’aide ou signales la situation.
Utilise les outils de signalement
Les plateformes proposent généralement des fonctions permettant de signaler des contenus ou des comptes problématiques.
Tu peux également bloquer un compte lorsque cette fonctionnalité est disponible.
Ces outils peuvent aider, mais ils ne remplacent pas le fait d’en parler à une personne de confiance.
Ne reste pas seul
Si la situation continue ou devient plus importante, continue à demander de l’aide, même si tu as déjà essayé d’en parler.
Ce que tu subis n’est pas de ta faute.
Si tu es témoin de cyberharcèlement
Tu peux parfois être témoin d’une situation de cyberharcèlement sans en être directement victime.
Dans ce cas, tu peux agir sans prendre de risques inutiles.
Tu peux notamment :
- ne pas partager le contenu ;
- ne pas participer aux moqueries ;
- ne pas commenter pour encourager les attaques ;
- signaler le contenu lorsque cela est possible ;
- prévenir un adulte de confiance ;
- soutenir la personne concernée ;
- lui proposer de parler à quelqu’un.
Partager une photo, une vidéo ou une publication « pour rire » peut contribuer à diffuser davantage le contenu et à aggraver la situation.
Ne pas partager, signaler et demander de l’aide sont déjà des façons d’agir.
Pourquoi le cyberharcèlement peut-il être difficile à vivre ?
Le cyberharcèlement peut donner l’impression qu’il est impossible de prendre de la distance avec la situation.
Les messages et les publications peuvent continuer à arriver sur un téléphone ou un ordinateur, y compris lorsque la personne est chez elle.
Un contenu peut également être rapidement partagé et vu par de nombreuses personnes.
Cette situation peut renforcer le sentiment d’isolement et rendre la demande d’aide encore plus difficile.
C’est pourquoi il est important de rappeler qu’une personne victime de cyberharcèlement n’a pas à affronter seule ce qui lui arrive.
Cyberharcèlement et harcèlement scolaire
Le cyberharcèlement et le harcèlement scolaire peuvent parfois être liés.
Une situation qui commence dans un établissement peut se poursuivre sur les réseaux sociaux. À l’inverse, des comportements en ligne peuvent avoir des conséquences dans la vie scolaire.
Dans les deux situations, il est important d’en parler à un adulte de confiance et de signaler les faits à l’établissement lorsque cela est nécessaire.
Le ministère de l’Éducation nationale recommande notamment de signaler les situations de harcèlement à l’établissement scolaire et rappelle que le 3018 peut également être contacté pour obtenir de l’aide.
Comment aider quelqu’un victime de cyberharcèlement ?
Si un ami ou un proche te parle de cyberharcèlement, commence par l’écouter.
Évite de minimiser ce qu’il raconte ou de lui faire porter la responsabilité de ce qu’il subit.
Des phrases comme :
- « Ce n’est pas si grave. »
- « Ignore-les simplement. »
- « Pourquoi tu ne les bloques pas ? »
peuvent donner à la personne l’impression qu’elle doit résoudre seule la situation.
Tu peux plutôt lui dire :
« Je te crois. »
« Tu n’as pas à gérer ça seul. »
« On peut en parler à quelqu’un ensemble. »
L’accompagner vers un adulte de confiance peut être une première étape importante.
Que faire si tu ne sais pas quoi faire ?
Tu n’as pas besoin de connaître toutes les réponses pour demander de l’aide.
Si tu es victime, témoin ou proche d’une personne concernée, tu peux commencer par en parler à un adulte de confiance.
En France, le 3018 est le numéro national dédié au harcèlement et aux violences numériques. Il est gratuit, anonyme et confidentiel, et est disponible 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h.
Le 3018 peut notamment écouter, conseiller et accompagner les jeunes, les parents et les professionnels face aux situations de harcèlement et de violences numériques.
À retenir
Le cyberharcèlement n’est pas simplement un problème « sur Internet ».
Derrière un écran, il y a une personne réelle et les conséquences peuvent être bien réelles.
Si tu es victime : tu n’es pas responsable de ce que tu subis et tu as le droit de demander de l’aide.
Si tu es témoin : tu peux éviter de participer à la diffusion des contenus et prévenir une personne de confiance.
Si tu es parent ou proche : écouter sans juger et prendre la situation au sérieux peut aider à sortir du silence.
Un écran ne rend pas les conséquences moins importantes.
Briser le silence peut être le premier pas vers l’aide.
Sources
- Ministère de l’Éducation nationale — Qu’est-ce que le harcèlement ?
- education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361
- Ministère de l’Éducation nationale — Politique de lutte contre le harcèlement à l’École
- education.gouv.fr/non-au-harcelement/politique-de-lutte-contre-le-harcelement-l-ecole-289530
- Service-Public.fr — Cyberharcèlement (harcèlement sur internet)
- service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32239
- Ministère de l’Éducation nationale — Je suis victime de harcèlement
- education.gouv.fr/non-au-harcelement/je-suis-victime-de-harcelement-468671


